So (not) Sweet...

So (not) Sweet...
* * *



C'est un début pour moi...

Ma première vraie histoire.

A ne pas confondre avec histoire vraie...

Cette histoire est bien sûr inventée,
mais ce N'EST PAS une fanfiction.
Vous ne trouverez aucun membre de Tokio Hotel ici...

Je veux rappeler aux gens qu'on peut aussi
écrire de belles histoires sans eux.

J'espère vraiment qu'elle vous plaira.



* * *



* "It's kind of bittersweet. The human
spirit is not measured by the size
of the act, but by the size of the heart."

- Y.Smirnoff.


# Posté le dimanche 06 janvier 2008 13:23

Modifié le vendredi 09 mai 2008 14:03

* Chapitre Un

* Chapitre Un
Jusqu'à il y a 1 an et quelques mois, j'étais une jeune fille tout ce qu'il y a de plus normale. Je menais la vie d'une adolescente classique, étais plutôt bonne élève et avais un nombre parfait d'amis. Plutôt inintéressant, en somme. Mais tout cela, c'était avant ce vol, il y a plus d'un an de cela...

C'était au mois de juillet et, comme chaque année, je prenais l'avion pour rejoindre mon père en Espagne. Ma journée de la veille avait était consacrée malgré moi à des disputes avec ma mère, et j'étais ravie de m'éloigner de l'environnement familial. J'avais pris un départ de Luxembourg, où j'habitais, et effectué un changement à Paris, c'était devenu une routine, au fil du temps.

L'avion qui devait m'emmener au soleil était relativement petit, constitué de deux rangées de deux sièges. Le mien était le 21 A, contre la fenêtre. Mon petit plaisir était de voir la Terre s'éloigner au décollage et d'observer les nuages lorsque je les surplombais.

Nous étions toujours au sol et les passagers continuaient d'affluer à la recherche de leurs places, mais mes yeux fixaient déjà l'extérieur d'un air absent tandis que mon esprit vagabondait au milieu des vents aériens. Je rêvais aux après-midi à bronzer au bord de ma piscine, quand une voix masculine me sortit de ma rêverie.


- Excuse me, je peux m'asseoir ? Um, je...

L'étranger au fort accent anglais ne parvenait visiblement pas à finir sa phrase et me montra d'un air désolé son ticket où était inscrit « 21 B ». Je pris alors conscience que j'avais négligemment jeté mon sac de voyage sur le siège à côté de moi, empêchant quiconque de m'approcher. M'excusant, je retirai mon Eastpack noir de son emplacement pour le déposer à mes pieds. Le temps qu'il s'installe, je jetai un regard dans sa direction. Des cheveux châtains en bataille retombaient librement autour de son visage et faisaient ressortir ses yeux bleu ciel. Ses traits étaient fins tout en restant masculins, et il me semblait assez grand. Il faisait un peu plus que les 15 ans que j'avais alors, devait en avoir 17 ou 18... En somme, c'était un garçon craquant qui devait avoir plus d'une fille à ses pieds.

Ayant sans doute senti mon regard, il tourna la tête et sembla inexplicablement inquiet lorsqu'il comprit que je l'observais, comme s'il craignait que je ne lui saute dessus. Rougissant malgré moi, je baissai la tête avant de me replonger dans la contemplation d'un point imaginaire derrière ma fenêtre.



* * *



Nous volions depuis une trentaine de minutes. Le ciel était bleu azur, mais le soleil éblouissant m'avait obligée à fermer ma fenêtre. Bien sûr, mon iPod n'avait plus de batterie et je venais de finir le seul livre que j'avais pensé à prendre. Le temps me semblait déjà bien long. N'ayant rien de mieux à faire, je décidai de fermer mes yeux noisette afin de dormir.

Ce plan aurait sûrement marché, seulement, quelqu'un sembla s'opposer à ce que je me repose. Une voix stridente et surexcitée provint rapidement d'à côté de moi :


- OH MON DIEU C'EST LUCA CULLEN !

Quand je rouvris les yeux, le garçon assis à mes côtés s'était enfoncé dans son siège avec un air dépité, et tenta un « Please, don't shout... Shhh ! » qu'elle ne sembla pas comprendre.
Mon enseignement dans une école bilingue me sembla enfin utile.

-
S'il te plaît, calme-toi ! j'ai dis à la jeune fille. Evite d'ameuter tout l'avion, si c'est pas déjà fait...

Elle me regarda avec un air dégout, puis me lança une série d'insulte insinuant que je n'avais rien à lui dire. Pour qui elle se prenait ? J'allais commencer à lui répondre, quand un homme plutôt musclé s'approcha d'elle pour la saisir par le bras.

- Taisez-vous! Oh, God!

- Mais je... Je voulais juste un autographe...

Elle admira son idole une fois de plus, et se mit à pleurer. Mon voisin et moi avions le même regard incrédule vers cette pauvre fille. Il sortit un stylo de sa poche, signa un magazine de la compagnie aérienne et le tendit à la jeune fille qui s'en alla encore sous le choc. Je ne savais pas bien si je devais éclater de rire ou me montrer respectueuse envers mon compagnon de vol qui, apparemment, était célèbre. Qui était-ce, d'ailleurs ? Jamais je n'avais vu ce visage ailleurs, je m'en serais rappelé. Aurais-je dû le connaître ? Aurais-je dû, moi aussi, frétiller de joie en le voyant ? Peut-être. Toujours était-il que, pour l'instant, c'était le néant. Il m'était absolument, définitivement et totalement inconnu.

- Um, tu parles anglais ? me dit-il dans cette même langue.
- Oui, lui répondis-je à mon tour dans la langue de Shakespeare.
- Désolé pour ce qui vient de se passer, j'espère ne pas t'avoir dérangée... Je pensais que ça n'arriverait pas en France.
- C'est pas grave, t'en fais pas.

Maintenant que la conversation était lancée, autant poursuivre.

- Je suis désolée de te demander ça mais je ne te reconnais pas. Je
devrais ?

Il rigola doucement avant de me répondre :

- J'ai un groupe, « Mad Philosophy », qui est très connu en Angleterre. On commence juste en France, donc c'est normal que tu ne nous connaisses pas...encore.

Nous rîmes silencieusement à l'inflexion.

- Tu chantes, alors ?
- Oui, et je joue un peu de guitare.
- Cool...

Musicien en plus !... Mais c'est qu'il en avait des qualités, ce garçon !

- Tu t'appelles Luca, c'est ça ?
- Oui, c'est ça. Toi, c'est...
- Megan.









* "Celebrity - I don't even know what
that means. Obviously it's the same
basic word as celebration, but I don't
know what's being celebrated."

- James Woods.

# Posté le dimanche 06 janvier 2008 13:40

* Chapitre Deux

* Chapitre Deux
Le reste du vol durant, Luca et moi avions discuté de diverses choses plus ou moins importantes. Comme parler de sa célébrité semblait le mettre un peu mal à l'aise, je n'avais pas insisté sur ce sujet, et nous avions enchaîné sur notre lieu de destination, décrivant nos projets pour les prochaines semaines. Ce que j'avais à dire n'était pas particulièrement passionnant, et je doutais que mon programme de vacances ne l'intéresse. Lui, en revanche, me raconta en détail ses projets : son frère, qui faisait lui aussi partie du groupe, devait le rejoindre quelques jours plus tard pour qu'ils composent ensemble quelques chansons pour un nouvel album. Bien sûr, le soleil et les plages espagnoles ne serviraient « qu'à les inspirer ».

- Le travail avant tout... m'avait-il dit.
- Mais oui, c'est ça ! avais-je répondu en rigolant.

Malheureusement pour moi, Luca reprendrait une correspondance vers Valencia tandis que je m'arrêterais à Alicante. Se voir durant ces quelques semaines ne serait donc pas envisageable. Plus tard non plus, d'ailleurs. Il était une star, après tout. Qu'est-ce que j'espérais ?

Ainsi, quand nous descendîmes de l'avion, c'est d'un signe de la main que nous nous dîmes au revoir.

- Je suis content de t'avoir rencontrée.
- Moi aussi...
- Au revoir alors.
- Oui, salut...

Et il était parti.

Quand mon père m'accueillit à la sortie de l'aéroport, il fut surpris de me trouver perdue dans mes pensées.

- Ça ne va pas ?
- Si, si, t'en fais pas. C'est juste que... Non, rien. Oublies.

Le trajet en voiture pour arriver à notre maison de vacances fut très silencieux. Mon père écoutait musique, tandis que je repensais à la rencontre que je venais de faire. Il avait dit qu'il était content de m'avoir rencontrée. Est-ce qu'il le pensait ? Tu t'emballes bien vite ma pauvre fille. C'est une formule de politesse, rien d'autre. Tu rencontres un garçon, tu lui parles pendant une heure, et ça y est, tu ne penses déjà plus qu'à lui. Ri-di-cule.

Arrivée à destination, je défis mes valises et commençai à m'installer dans ma chambre. La température était étouffante, et quand je trouvai mon bikini, je l'enfilai de suite pour faire un saut dans la piscine.


***



Mes deux semaines de vacances passèrent très vite, partagées entre baignades et séances de bronzage, agrémentées de grasses matinées et pimentées de sorties nocturnes. Deux semaines de rêves, pourrait-on dire. Oui, mais... Malgré tout, un petit détail les avait quelque peu ternies. Un petit détail un peu plus âgé que moi, aux cheveux châtains et aux yeux bleus très clairs.

Pendant ces 14 longues journées, je n'avais cessé de penser à Luca. « Que faisait-il ? Avait-il réussi, avec son frère, à composer de belles chansons ? Feraient-elles un carton ? Aimerais-je leur musique, que je n'avais pu écouter jusque-là, faute d'accès à internet ? Le reverrais-je un jour ? Pensait-il à moi ? » Et un nombre interminable d'autres questions du même type. Je ne pouvais m'en empêcher, il occupait toutes mes pensées.

Dans l'avion, sur le chemin du retour, je laissai mon esprit vagabonder, comme à mon habitude, en regardant les nuages qui se faisaient de plus en plus nombreux à mesure que l'on approchait de Paris. Adieu, beau soleil d'Espagne. Adieu, piscine adorée. Adieu, espoir de le revoir.

J'avais pris la résolution de l'oublier sitôt que je poserai le pied sur le sol Français. Inutile de repenser éternellement à une rencontre éclair qui n'aboutirait jamais à rien. En plus, il fallait être réaliste. Il était beau, célèbre, adorable et plein d'humour, alors que j'étais une fille tout à fait banale. Même plutôt idiote, vu les circonstances.

M'emparant de mon journal intime, je débutai l'écriture du récit de mes vacances. Cela m'occupa jusqu'à Paris.
Mon vol Paris-Luxembourg, je le passai à dormir.


Tout, plutôt que de penser.







* "A loving heart is the
beginning of all knowledge."

- Thomas Carlyle.

# Posté le dimanche 20 janvier 2008 11:27

* Chapitre Trois

* Chapitre Trois
J'étais rentrée chez moi depuis deux jours et pour être honnête, je m'ennuyais déjà. Tous mes amis étaient partis en vacances, et il pleuvait. En plus, ma connexion internet ne marchait pas. Fantastique. J'étais complètement coupée du monde, à mon plus grand désespoir. Je passais donc mes journées avachie devant la télé, ou encore allongée dans mon lit, lisant un bouquin en écoutant de la musique.

Ma mère venait de rentrer des courses et maugréait à propos du mauvais temps tandis que je l'aidais à ranger. Je n'écoutais ses paroles que d'une oreille distraite, quand elle attira mon attention.

- Au fait, tu as du courrier.
- Génial, un relevé de banque, je parie... Quelle joie ! ironisai-je.
- Non, non, c'est une écriture manuscrite.
- Quoi ?

Qui était assez ringard pour m'envoyer une lettre par la poste ? Plaçant judicieusement le nouveau pot de Nutella au devant de l'étagère, je me dirigeai vers la pile de courrier posée sur la table. L'enveloppe sur laquelle figuraient mon nom et mon adresse se trouvait au sommet de celui-ci. Sans plus attendre, je l'ouvris. Dedans se trouvait une lettre écrit sur une feuille blanche. J'allais en commencer la lecture, quand un détail m'arrêta net.

- Maman, t'as encore besoin de moi ? demandai-je, abasourdie.
- Non, pourquoi ?
- Je monte dans ma chambre.
- D'accord...

Piquant un sprint comme jamais, j'entrai dans ma chambre avec des mains tremblantes.
Le détail qui m'avait sauté aux yeux, c'était la langue dans laquelle cette lettre avait été écrite. En anglais, bien sûr. Le nom inscrit au bas de la page confirma mes doutes, et mon c½ur s'emballa dans ma poitrine.




« Megan,

J'espère que tu ne m'en voudras pas d'avoir pris ton adresse... Elle était inscrite sur l'étiquette de ton sac, dans l'avion. J'aurais aimé t'appeler, mais je n'avais pas ton numéro, ni ton adresse email.

J'ai beaucoup pensé à toi, ces derniers jours... Ca m'a fait du bien de pouvoir parler à quelqu'un qui ne me voyait pas comme une célébrité avant tout, et je pense que le courant est bien passé entre nous... J'aimerais vraiment qu'on reste en contact.

Si tu es d'accord, voici mon numéro et mon adresse email.

Je t'embrasse,

Luca. »





Oh. Mon. Dieu.

Il me fallut un certain temps avant que mon esprit retrouve le chemin de mon corps. Luca ne m'avait pas oubliée. « Le courant est bien passé entre nous... J'aimerais vraiment qu'on reste en contact. ». « Je t'embrasse ». Je lisais et relisais ces lignes. Je n'en revenais pas.

C'était tellement... adorable.
Qu'avais-je osé dire en saisissant la lettre ? Ringard ?...



***





Je ne savais pas quoi faire. Que lui dire ? « Hey, what's up ? » Super, quoi de mieux... J'étais complètement prise au dépourvu. Hésitante, je commençai à écrire un SMS.

« Salut Luca, c'est Megan. Merci pour ta lettre, ça m'a beaucoup touchée. Tes vacances se sont bien passées ? Vous avez bouclé des chansons ? Tiens-moi au courant... Bisous, Megan. »

Ca ferait l'affaire pour le moment. Restait à attendre sa réponse... Mais celle-ci arriva plutôt vite.

« Je suis content d'entendre de toi ! Là j'ai pas le temps de parler, je peux t'appeler ce soir ? »

Je lui renvoyai un
« Quand tu veux » auquel il me répondit :

« Je suis pressé de te parler. A ce soir alors ! Bisous. »

Tout d'un coup, mes vacances prenaient un aspect bien plus sympathique...







* "A letter does not blush."
- Marcus Tullius Cicero.

# Posté le dimanche 20 janvier 2008 15:51

* Chapitre Quatre

* Chapitre Quatre
Une demi-heure que je tournai en rond dans ma chambre, portable en main. Il était presque 20h, nous étions donc techniquement « le soir ». Luca ne tarderai pas à m'appeler. J'espérais.
Me faisant sursauter, mon portable vibra au creux de mes doigts. Tremblante, je regardai l'écran de l'appareil. Déception. Ce n'était qu'une amie qui m'avait envoyé un message. Bah, elle attendrait. J'avais d'autres préoccupations.


Ma mère toqua à ma porte.

- Megan, on va manger dans deux minutes, m'annonça-t-elle doucement.
- J'arrive, soupirai-je.

Enfonçant mon portable au fond de ma poche de jean, je descendis me mettre à table. Voyant ma mine déconfite, ma mère m'interrogea.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Rien d'important. Enfin, si mais peu importe.

Ma mère, qui me connaissait mieux que quiconque, devina :


- Un garçon ?

J'émis un grognement en guise de réponse.

- Il devait m'appeler ce soir... Il a dû oublier.
- Attends, la soirée n'est pas terminée.

J'allai justement croquer dans un morceau de pain, quand mon portable vibra contre ma jambe. Surprise, je lâchai ma nourriture. Le numéro affiché comportait bien trop de chiffres pour être d'un réseau local.


- C'est lui !

Le c½ur battant, je sortis de table sous le regard amusé de ma mère avant de m'engouffrer dans ma chambre.

- Allô ?
- Megan ? C'est Luca... Je te dérange ?

Entendre sa voix à nouveau... Quel bonheur. Ca paraissait presque impossible.

- Bien sûr que non ! Comment tu vas ?
- Plutôt bien... Tes vacances se sont bien passées ?

Je commençai alors le récit monotone de ces longues vacances passées sans lui. Une fois terminé, je lui posai la même question.

- Les miennes étaient reposantes. A la fin, on s'ennuyait presque ! me dit-il en riant. Mais on a bien bossé, on a fait deux nouvelles chansons qui devraient pas mal marcher... On croise les doigts.
- J'espère pour vous ! Vous êtes où en ce moment ?
- A Paris, on repart lundi. C'est notre première promo ici, c'est génial. Mais c'est stressant, j'espère vraiment que ça va aussi bien marcher ici que chez nous...
- T'inquiètes pas, je suis sûre que ça va bien se passer.
- C'est gentil.
- Je suppose que Luxembourg n'est pas dans votre tournée promo ? demandai-je en rigolant à moitié.
- Pas pour l'instant, mais qui sait...

Nous rîmes doucement. Tout d'un coup, l'ambiance était retombée. Je devais rester objective, on ne se reverrait jamais.

- Bon, je vais devoir te laisser... On a encore quelques interviews qui nous attendent.
- Ok... Tu me tiens au courant de ce que vous faites ?
- Bien sûr. A bientôt alors.
- A bientôt.

J'attendis qu'il raccroche. Ce qu'il ne fit qu'au bout d'un court moment d'hésitation.
Toute ma joie de la journée s'était dissipée, d'un coup. Qu'est-ce que j'attendais, au juste ? Qu'il m'invite à le rejoindre à Paris ? On n'était pas dans un roman. La vraie vie ne se déroulait pas comme ça. Si j'avais de la chance, je le croiserais peut-être un jour, par hasard.

Un jour lointain, quand nous nous serions perdus de vue...




Ou, peut-être, plus tôt que prévu.





* "Citation à venir."
- X.

# Posté le mardi 22 janvier 2008 16:31

Modifié le lundi 04 février 2008 15:43